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Réglementation Environnementale 2020 : Les biosourcés ont-ils les moyens de bousculer la construction ?

Consacrés par la Réglementation environnementale 2020, les matériaux biosourcés semblent être en position de force pour s’imposer dans les modes constructifs face aux matériaux dits conventionnels. Mais si elles sont déjà structurées, les filières doivent tout de même adapter leurs rythmes de production et de distribution.

(Source : https://www.batiactu.com/edito/re2020-et-biosources-s-il-existe-un-marche-industrie-61288.php)

Voici un article qui pose les bonnes questions. Voici quelques réponses :

1) Quels sont les atouts des biosourcés, et quels sont à l’inverse leurs contraintes ?

Atouts :
– le déphasage (le temps de transfert de chaleur) et leur densité qui leur procure un bon confort d’été
– un excellent écobilan (production et approvisionnement de matière première locales et non énergivores, biodégradable ou recyclable en fin de vie, capture de carbone pendant la durée de vie, durée de vie plus longue dans le bâtiment etc.)
– développement de l’économie locale (structuration de la filière agricole, revenus supplémentaires pour les agriculteurs, valorisation des artisans locaux qui ont un savoir-faire)
– fibres naturelles, non transformées artificiellement, plus saines
– leur perspirance (ils laissent passer la vapeur d’eau). Très intéressant pour le bâti ancien, notamment (mais pas seulement). Cela permet de réguler l’humidité et de préserver les murs (l’isolation et les murs porteurs)

Contraintes :
– méconnaissance de ses matériaux. Il faut développer le savoir-faire
– leur disponibilité doit encore être développée
– pour certains il y a déjà des règles professionnelles et des avis techniques pour d’autres pas encore. Voir guide du Codem, page 24, 25 :
http://batlab.fr/guide-renovation-biosources/
– leur classement au feu (sachant qu’il est possible de se préserver du feu avec des techniques constructives adéquates)

2) Ont-ils des particularités de mise en œuvre ?

Pour certains, il faut un savoir-faire, en effet. Des formations sont régulièrement proposées par différents organismes :

La ouate de cellulose et le métisse sont déjà largement connus par les artisans et les particuliers qui les mettent déjà facilement en œuvre.

3) Leurs filières peuvent-elles vraiment assumer une hausse de leurs capacités de production et de distribution pour répondre à une demande qui va vraisemblablement bondir ?

Cela dépend de la manière dont les différents acteurs s’organisent sur les territoires (élus, agriculteurs, producteurs, distributeurs, artisans, consommateurs etc.). Mais si tout le monde va dans le même sens, on peut aller vite. Par contre, si des projets de construction d’usine de laine de roche de grande capacité sont acceptés sur les territoires, cela freinera, voir empêchera, le développement de ses filières (Knauf en Moselle, Rockwool dans l’Aisne).
La chambre d’agriculture de l’Aisne est en train de développer cette filière avec les agriculteurs et les professionnels du bâtiment.
Chez nous, plusieurs matériaux ont un grand potentiel de développement : le chanvre (Planète chanvre), le lin (Decock à Laon), la paille (Activ Paille à Saint Quentin) et le Métisse (le Relais à Soissons et production du Métisse dans le nord). Ce potentiel dépasse largement les capacités de production de la laine de roche prévu dans le Soissonnais.

4) Et, en bout de chaîne, quel est l’impact des biosourcés sur les coûts de construction ?

L’impact des biosourcés sur les coûts de construction sera de plus en plus négligeable. Certains sont déjà moins chers que les matériaux conventionnels. Avec l’augmentation des coûts de l’énergie, ils seront de plus en plus compétitifs. Et le rapport offre et demande fera le reste.

5) Comment ces entreprises peuvent-elles s’organiser et se « mixer » avec les matériaux conventionnels ?

Il sera souhaitable que les matériaux biosourcés deviennent la norme, mais que les matériaux conventionnels soient encore utilisés dans des cas précis. Parfois, il sera préférable d’utiliser des fondations en béton, plutôt qu’en pieux (sauf les pieux vissés qui sont réversibles). Il y aura également des cas où la laine de roche sera préférable (autour d’un conduit de cheminée par exemple). Par contre, il faudra éviter de mixer la laine de verre avec la laine de bois. Cela pose des problèmes pour le recyclage en fin de vie.

Métisse moins cher que Rockwool !

I Bardy Globe21

1 réflexion au sujet de “Réglementation Environnementale 2020 : Les biosourcés ont-ils les moyens de bousculer la construction ?”

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